Belle humeur

Et puis tout bascule

11 septembre 2018

Un article très personnel aujourd’hui, des mots pour vous expliquer mon silence. Des mots plus sombres que d’habitude. J’ai beaucoup hésité à les publier sur ce blog, mais le cadre trop restrictif des réseaux sociaux m’y invite. Et puis je veux laisser une trace écrite moins éphémère de cette épreuve qui marquera ma vie à jamais.

Vous avez peut-être déjà lu mon premier message posté il y a tout juste un mois sur Instagram. Aujourd’hui je reprends mon activité sur le web. Il était important pour moi d’en dire un peu plus sur ce que je traverse actuellement. Le nombre de caractères limité des post de réseaux sociaux ne me permettant pas de publier mon texte, c’est finalement ici que je le partage avec vous…

Samedi 11 août 2018

Ce devait être une simple pause de quelques jours pour souffler un peu, la traditionnelle digital detox estivale. Et puis tout bascule.

Je n’ai rien dit sur mes difficultés personnelles depuis un an, parce que sur les réseaux sociaux il faut toujours sourire. Parce que le web est mon métier, je travaille à mon compte et mes clients me lisent. Mais je ne vais plus pouvoir faire semblant.

Je n’ai rien dit sur tous ces allers-retours à Marseille pour me rendre au chevet de mon Papa hospitalisé, sur toutes mes angoisses et mes larmes, sur tous mes sursauts à chaque fois que le téléphone sonnait.

Hier, samedi 11 août 2018 à 7h du matin, cet appel tant redouté a eu lieu. Son cœur s’est arrêté. Et le mien avec.

Pourtant, il y a un mois encore on envisageait le retour à la maison de mon Papa. C’était compliqué, mais on aurait tout fait pour avoir notre Papa auprès de nous. Et puis tout bascule.

Je dois être forte pour soutenir ma Maman et ma sœur, ma Mamie qui vient d’arriver de la Réunion. Pour faire honneur à mon Papa, ce battant de chaque instant. Je ne veux pas abandonner mon travail, mon blog, tous les beaux projets qui se préparaient, mes clients, vous.

Mais je ne sais pas si je vais y arriver. Aujourd’hui je ne suis que chagrin, angoisses et colère. Et il y a tant de choses horribles à gérer, rien n’est jamais prévu et organisé pour ces moments là.

Pardon pour cet interlude très sombre au milieu de toutes ces photos de vacances ensoleillées, mais j’avais besoin de vous expliquer mon silence. Besoin de votre aide aussi. Auriez-vous svp des conseils et des remèdes naturels pour m’accompagner dans cette épreuve ? S’il y a parmi vous des personnes à leur compte qui ont aussi traversé une période difficile, comment avez-vous géré votre travail ? Un grand merci par avance.

Prenez soin de vous et de ceux que vous aimez, c’est bien le plus important.

À bientôt

Annabelle

Mardi 11 septembre 2018

Difficile de trouver les mots pour revenir parmi vous… Des mots qui ont l’air si banal, si vide, par rapport à la situation. Et dans le même temps ce souhait de ne pas trop assombrir votre fil d’actualité…

Vous remercier d’abord. Pour tous vos messages et vos pensées bienveillantes. J’ai été vraiment très touchée par vos mots, chaque dose d’amour que vous m’avez envoyé m’a donné un peu de force ♥ Merci aussi pour tous vos précieux conseils.

Difficile de dire ça va ou ça ne va pas, cela dépend des jours, des moments. Il faut bien aller de l’avant comme on me dit souvent, mais il y a encore ces moments très difficiles où mes pensées et mes émotions sont totalement incontrôlables, ces jours où j’ai l’impression que je vais mourir de chagrin…

Submergée est le premier mot qui me vient à l’esprit pour décrire comment je me sens. Submergée d’émotions négatives, de questions sur ce qui s’est passé, d’interrogations existentielles, de doutes… Submergée de choses à faire aussi.  Après la perte d’un proche, il n’est pas vraiment possible d’appuyer sur pause –alors que c’est la seule chose que l’on souhaiterait – car il y a 1000 choses à gérer. Un mois après, nous n’avons toujours pas terminé toutes les formalités administratives et les questions sur l’avenir matériel pour ma Maman perdurent.

Et lorsque l’on travaille à son compte il me semble que c’est encore plus compliqué de s’arrêter, puisqu’il n’y a justement pas de mise en arrêt possible et que l’absence de travail signifie absence de revenu… Et puis, un événement aussi dramatique que celui-ci n’est jamais prévu, alors comment suspendre toutes les missions et projets en cours ?

J’ai repris peu à peu mon activité depuis trois semaines, notamment car je n’ai pas voulu abandonner une belle mission pour ce mois-ci. Mais je suis dans l’obligation de prioriser, mon énergie et mon temps étant très limités…

Alors moi qui avais l’habitude de noircir les pages de mon agenda avec des to do list toujours trop longues, je m’essaie à prendre chaque journée après l’autre, chaque tâche après l’autre en fonction de leur urgence, sans planification ou presque. J’apprends à penser plus petit.

Voici mes priorités actuelles, dans l’ordre :

  1. Respirer, manger et dormir. Ne pas s’écrouler surtout.
  2. Etre présente pour ma Maman et l’aider autant que possible. Etre présente aussi pour mes proches et mon chéri qui est un soutien exceptionnel dans cette épreuve.
  3. M’occuper des urgences de mes clients.
  4. M’occuper des partenariats blog en cours.

J’avais de nombreuses choses en cours et de projets pour cette rentrée. Je fais de mon mieux, mais je sais que cela prendra beaucoup plus de temps que prévu et que je ne pourrais pas tout faire. Il me faut accepter de lâcher prise voire de renoncer, même si très difficile pour moi. D’autant plus en cette période de rentrée où la motivation de tous est à son apogée et où le mot « projet » est sur toutes les lèvres.

Je risque d’être encore plus irrégulière sur les réseaux sociaux, certainement moins bavarde, peut-être un peu plus distante. Mais je sais que vous comprendrez. Il faudra du temps pour que les choses « rentrent dans l’ordre ». Peut-être même que ce ne sera jamais le cas et que ce serait mieux ainsi…

Je reprendrai dès demain sur les réseaux sociaux les post plus légers et les sujets qui comptent pour moi, pour nous.

Lorsque ce sera le moment, j’essaierai de partager avec vous les petites choses qui m’aident à traverser cette sombre période nommée deuil.

Merci encore pour votre présence fidèle et votre bienveillance. Cette épreuve m’aura permis de réaliser que tout ce que j’ai construit avec mon blog depuis près de quatre ans n’est pas si virtuel que cela…

Je vous embrasse

Annabelle

 

J’ai choisi d’illustrer cet article avec une photo du Paille-en-queue, oiseau emblématique de la Réunion, l’île où est né et a grandi mon Papa ♡ Ainsi que des photos de fleur d’hibiscus qu’il aimait tant. C’est cette fleur qui l’a accompagné lors de notre au-revoir, avec ces sublimes chansons du groupe réunionnais Ousanousava… Pour Alin Boyer ♥

  1. Merci pour ce si beau texte. Le deuil que nous traversons nous concerne tous. Oui, la vie continue et reprend, peut-être dans le manque, la douleur, la tristesse mais vraiment elle reprend aussi dans toute sa beauté.

  2. Annabelle, il n’y a pas de honte ni de mal à publier ce que tu ressens. Au contraire, je trouve cela plus humain, même à travers un ordinateur. Je trouve même cela plus « sain » de publier quand ça va et quand ça va moins aussi, plus équilibré.
    Et puis en faire un peu moins, peut être bénéfique aussi… dans ce monde où l’on court toujours partout.
    Il faut que tu prennes soin de toi et de ton entourage en priorité.
    Et s’il y a un peu moins de posts sur les réseaux, on aura d’autant plus envie de les lire 😉
    A bientôt, Anne

  3. Chère Annabelle,

    nous n’avons pas beaucoup de mots après avoir lu ces quelques lignes douloureuses, écrites avec cette plume qui nous emporte chaque fois que nous te lisons, qu’elle soit légère, passionnée ou émouvante aujourd’hui.

    Lilou et moi nous t’envoyons plein de bonnes et belles ondes…

    Amicalement,

  4. Des émotions tellement fortes et pas de mots assez beaux pour les exprimer.
    Je t’embrasse tendrement, je pense fort à vous dans cet épreuve mais je sais qu’Alin est là avec vous.
    Et qu’avec tout son amour il va te pousser vers un trés beau futur.

  5. Je t’embrasse fort Annabelle ! J’espère que tu retrouveras la sérénité et je t’envoie un maximum d’ondes positives afin que tu puisses continuer d’avancer. C’est fou comme les personnes qui se plaignent le moins et sourient le plus peuvent parfois garder un lourd fardeau pour elle.
    Ma petite Annabelle, une force de la nature que je suis heureuse d’avoir rencontré.

  6. Bonjour Annabelle.
    On ne se connait pas, même si on s’est vu, quoi, une fois à un ancien apéro blog ? Je te lis de temps en temps sur Instagram, tu as l’air d’être une bonne personne, et j’ai de la peine pour toi.
    Je ne sais pas de quoi tu vis, quel est ton job, mais il est certain que tu es fatiguée et dans ce cas, on voit tout en noir. Dès que tu déprimes, repose-toi, respire, comme tu le dis, en pleine conscience. Il y a des choses que tu aimes faire, des gens que tu aimes voir, fais-le à fond.
    Peut-être que tu peux te réserver un temps pour bosser, en essayant de te « déconnecter » de ta peine à ce moment-là, en te disant que tu l’autoriseras à revenir après?
    Et puis à chaque jour suffit sa peine, ne t’occupe que du temps présent. En étant dans le temps présent, tu es toujours mieux. Bon exercice.
    Je t’embrasse, et qui sait, nos envies personnelles en termes de vie et de blog nous réuniront peut-être un jour ? Anne

  7. Je pense souvent à toi Annabelle, car je traverse la même période sombre depuis bientôt 6 mois… et je sais à quel point ça fait mal.
    Tout ce qui nous pouvait nous motiver avant a perdu en intensité, car nous ressentons un vide immense.
    Je sais aussi à quel point toutes les procédures administratives sont lourdes et pensantes, d’autant plus qu’elles sont urgentes et que nous n’avons pas la tête à ça… envahies par le chagrin.
    Comme toi j’essaie de sortir la tête de l’eau… mais je ne suis plus aussi présente sur les réseaux sociaux et mon blog. Certains jours la tristesse est plus forte que moi et elle me paralyse l’esprit …
    Je tiens le coup pour ceux qui m’entourent et que j’aime. Heureusement qu’ils sont là !
    Cette douloureuse épreuve nous amène à aller à l’essentiel et à mieux apprécier les plus petits instants partagés avec nos proches.
    Ton texte est un bel hommage à ton papa. S’il existe une forme de vie après celle-là, je suis persuadée qu’il est fier de la personne que tu es et des valeurs qui t’animent.
    Prends soin de toi.
    Je t’embrasse
    Nelly

  8. Bonjour Annabelle,
    Pour être passée par là je sais que la situation n’est pas facile, et que chacun en émerge comme il peut. Pas évident de maintenir le cap après une telle perte. En ce qui me concerne, me concentrer sur le fait d’être une épaule secourable pour ma mère m’avait empêché de m’effondrer.
    De tout coeur avec vous.

  9. Ma chère Annabelle je suis de tout coeur avec toi. J’ai perdu mon papa il y 3 ans et ce fut un déchirement. Je sais que c’est dur mais pense qu’il sera à jamais près de toi. Je t’envoie de tendres pensées. Prend le temps de faire ton deuil et ne pense pas aux réseaux. L’important c’est toi, tu es jeune, tu as la vie devant toi et ton Père devait être fier de ce que tu as accompli. Je t’embrasse

  10. Je suis de tout coeur avec toi dans cette épreuve ô combien difficile… Prends le temps qu’il te faut, je crois que c’est le plus important. Et je pense que voir les choses au jour le jour, comme tu le dit «plus petit» est un bon moyen de continuer à avancer sans s’épuiser.
    Plein plein plein de courage pour toi et ta famille ❤
    Doux baisers
    Julie

  11. Coucou Annabelle, j’arrive bien en retard pour te présenter mes sincères condoléances. J’ai perdu 3 amis depuis 2015. La 1ere était ma meilleure amie et j’étais enceinte d’à peine plus d’un mois quand s’est arrivé. Comme toi, j’ai revu mes to-do listes, j’ai accepté de lever le pied, de m’accorder du temps, du repos… À ce jour ça reste l’epreuve la plus difficile de ma vie et en même temps, elle m’a libérée. Dans ces moments-là, tu vois qui sont tes vrais amis et ça permet de faire du tri, tu as aussi une nouvelle vision de la vie, un autre rapport au temps… Prends le temps qu’il te faudra. Penses à toi. Ecoutes tes besoins. Exprimes tes émotions. Je te souhaite beaucoup de courage et je t’envoies toutes mes pensées les plus positives.

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